- Je ne peux que vous conseiller de vous taire si vous n’êtes pas capable de déposer plainte pour viol et d’avoir le courage d’aller, quoi qu’il vous en coûte, jusqu’au procès qui, de toutes façons, n’aboutirait pas! Je le sais par expérience... Dites vous bien que vous êtes la femme de votre assaillant! Je vous l’ai dit: il n’y a pas viol entre époux! Je vous conseillerais plutôt de ravaler votre désir de vengeance pour le moment, et de penser à votre petite fille qui elle, n’a pas demandé à venir au monde! Elle a le droit d’avoir une deuxième chance! Ne pouvez-vous faire abstraction de votre propre existence pour ne penser qu’à votre enfant? Ne pouvez-vous faire cela? Au moins, votre sacrifice servira à quelqu’un! Ce mauvais jeu de mots arrivait mal à propos. La sage-femme se rendit compte de sa bévue, mais bien trop tard. Du côté de Geneviève, la réaction ne se fît pas attendre:
- Vous trouvez que mon sacrifice n’a pas suffisamment servi à mon mari? Ne trouvez-vous pas que ce salopard à su pas mal profiter de ma personne?
- Je n’ai pas voulu dire ça!
- Non. Vous n’avez pas voulu dire ça! C’est juste une mauvaise expression de votre part! N’est ce pas? Vous ne connaissez pas encore toute ma vie! Je ne peux pas pardonner! C’est au-dessus de mes forces! Pardonner! Oublier! Non! Vraiment, je ne peux pas! C’est trop me demander! La blessure ne peut pas et ne pourra jamais se cicatriser!
La sage-femme, après un long instant d’hésitation, se rendant compte qu’elle avait échoué dans sa démarche et que la jeune femme s’emmurait volontairement dans sa tour d’ivoire, capitula non sans risquer quelques paroles encore, n'étant pas du tout certaine que la jeune femme l’entendait:
- Je vois que je n’arrive pas à vous convaincre de garder votre bébé. Je ferai le nécessaire auprès de votre mari demain. Pour le certificat d’abandon, il faut qu’il le signe. Bon courage mon petit, et bonne chance pour votre avenir. Je vous plains de tout mon cœur. Il va vous falloir énormément de force de caractère pour affronter les difficultés qui ne manqueront pas de se présenter à vous ; mais quoi qu’il advienne, encore une fois, je vous supplie de réfléchir avant d’abandonner votre bébé! Vous pourriez le regretter amèrement et votre existence risquerait de s’en trouver modifiée et pas forcément dans le sens que vous auriez aimé qu’elle le soit! Un enfant apporte bien des joies et de consolations, même dans un ménage où les rapports entre époux son difficiles! Peut-être est ce lui qui vous aidera à surmonter les difficultés que traversera votre couple! Ne rejetez pas votre bébé simplement parce que vous en voulez à son père! Ce serait injuste pour la vie que vous venez de donner! Encore une fois, Vous devez prendre sur vous et élever cet enfant! Je connais à présent votre parcours douloureux! Je suis consciente aussi, que vis à vis de votre mari, vous n’êtes pas à l’abri d’une récidive. J’en suis même persuadée car je ne connais que trop ce genre d’homme pour en avoir moi-même épousé un.
- Je réalise tout ce que vous avez dû endurer! Reprit la sage-femme.
Dans un geste mécanique, Geneviève continuait de hocher la tête comme ci elle était dans un état second.
Et la sage-femme de continuer:
- Je suis horrifiée par ce que vous venez de me confier, mais pour l’heure, je pense à votre petite fille qui elle, n’en à pas fini avec le sort qui, décidément, ne vous est pas clément. Pour votre bébé, ce n'est pas réglé. Nous ne pouvons pas nous prononcer avant plusieurs jours quant à sa survie. Votre mari, quoique vous en pensiez, est le père de votre bébé! Et à ce titre, il a le droit d’en être informé! Il a le droit de donner aussi son avis sur l’abandon de son enfant! Vous ne pouvez décider seule! C’est la loi! Et la loi est d’abord faite par des hommes et pour des hommes! Vous ne pouvez rien y changer! Il se passera beaucoup d’années, avant que les moralités changent et qu’enfin, nous obtenions justice! Combien de jeunes femmes endurent la même chose que vous? Combien de jeunes filles sont violées par leur père, leur oncle, par de sales voyous qui n’ont aucun scrupule! Ces jeunes filles n’osent se confier à personne de peur qu’on ne les traite de menteuses. Elles ont honte! Leur honneur est bafoué! Elles se sentent sales! Elles atterrissent le plus souvent ici, à la maternité, avec le fruit de leur infortune à mettre au monde! D’autres accouchent dans un coin de rue, au fond d’une impasse pour qu’on ne les remarque pas! Il est arrivé que des éboueurs trouvent des nouveau-nés morts ou encore en vie dans les poubelles qu’ils étaient venus vider! Ces petits êtres fragiles sont confiés aux orphelinats qui les recueillent, heureusement! Et bien trop souvent ils ne survivent pas… Dans votre cas, vous et votre époux êtes mariés! Il n’y a pas viol entre mari et femme! Je sais qu’il vous faut admettre ça, et que c’est très dur d’être l’objet du désir d’un homme lorsque l’on n'est pas consentante! Je comprends que vous ne désiriez pas cette enfant! Pourtant, le bébé est là! J’en ai vues des détresses et pas seulement des jeunes femmes de votre âge, mais de toutes jeunes filles! Des adolescentes! Et ce dont vous m’avez fait part ce soir, n’est que trop courant à des degrés différents, bien sûr! Mais jamais sanctionné par la loi! Ces violeurs, qu’ils soient mariés, célibataires, jeunes ou à la fleur de l’âge ou même plus vieux, sont toujours blanchis faute de preuves! Et je vous parle des affaires de viols qui arrivent à être connues du grand public! Les autres, on les escamote! Les familles prennent bien soin de dissimuler le scandale qu’ils étouffent dans l’œuf, si je puis m’exprimer ainsi, afin d’éviter le déshonneur qui éclabousserait leur nom!
Geneviève pensa: «Vous ne croyez pas si bien dire!» Ignorante de ce qui se tramait dans son esprit, la sage-femme insista encore:
- Je ne peux que vous conseiller de vous taire si vous n’êtes pas capable de déposer plainte pour viol et d’avoir le courage d’aller, quoi qu’il vous en coûte, jusqu’au procès qui, de toute façon, n’aboutirait pas! Je le sais par expérience... Dites vous bien que vous êtes la femme de votre assaillant! Je vous l’ai dit: il n’y a pas viol entre époux! Je vous conseillerais plutôt de ravaler votre désir de vengeance pour le moment, et de penser à votre petite fille qui elle, n’a pas demandé à venir au monde! Elle a le droit d’avoir une deuxième chance! Ne pouvez-vous faire abstraction de votre propre existence pour ne penser qu’à votre enfant? Ne pouvez-vous faire cela? Au moins, votre sacrifice servira à quelqu’un! Ce mauvais jeu de mots arrivait mal à propos. La sage-femme se rendit compte de sa bévue, mais bien trop tard. Du côté de Geneviève, la réaction ne se fît pas attendre:
- Vous trouvez que mon sacrifice n’a pas suffisamment servi à mon mari? Ne trouvez-vous pas que ce salopard à su pas mal profiter de ma personne?
- Je n’ai pas voulu dire ça!
- Non. Vous n’avez pas voulu dire ça! C’est juste une mauvaise expression de votre part! N’est ce pas? Vous ne connaissez pas encore toute ma vie! Je ne peux pas pardonner! C’est au-dessus de mes forces! Pardonner! Oublier! Non! Vraiment, je ne peux pas! C’est trop me demander! La blessure ne peut pas et ne pourra jamais se cicatriser!
La sage-femme, après un long instant d’hésitation, se rendant compte qu’elle avait échoué dans sa démarche et que la jeune femme s’emmurait volontairement dans sa tour d’ivoire, capitula non sans risquer quelques paroles encore, n'étant pas du tout certaine que la jeune femme l’entendait:
- Je vois que je n’arrive pas à vous convaincre de garder votre bébé. Je ferai le nécessaire auprès de votre mari demain. Pour le certificat d’abandon, il faut qu’il le signe. Bon courage mon petit, et bonne chance pour votre avenir. Je vous plains de tout mon cœur. Il va vous falloir énormément de force de caractère pour affronter les difficultés qui ne manqueront pas de se présenter à vous ; mais quoi qu’il advienne, encore une fois, je vous supplie de réfléchir avant d’abandonner votre bébé! Vous pourriez le regretter amèrement et votre existence risquerait de s’en trouver modifiée et pas forcément dans le sens que vous auriez aimé qu’elle le soit! Un enfant apporte bien des joies et de consolations, même dans un ménage où les rapports entre époux son difficiles! Peut-être est ce lui qui vous aidera à surmonter les difficultés que traversera votre couple! Ne rejetez pas votre bébé simplement parce que vous en voulez à son père! Ce serait injuste pour la vie que vous venez de donner! Encore une fois, Vous devez prendre sur vous et élever cet enfant! Je connais à présent votre parcours douloureux! Je suis consciente aussi, que vis à vis de votre mari, vous n’êtes pas à l’abri d’une récidive. J’en suis même persuadée car je ne connais que trop ce genre d’homme pour en avoir moi-même épousé un. Il n'est plus de ce monde aujourd'hui et je vous avoue que je suis tranquille et ne regrette pas sa mort.